Pas le temps de lire ? Voici le résumé !
Cet article, issu de notre webinaire sur le secteur public, se penche sur un défi actuel pour les collectivités territoriales : la cybersécurité. En effet, ces acteurs du secteur public, qui gèrent des services essentiels et des données citoyennes sensibles, sont devenus des cibles de choix pour les cyberattaques. Dans cet article, nous détaillons les menaces auxquelles ils font face, allant des classiques attaques par hameçonnage aux plus sophistiquées attaques par déni de service (DDoS) où les conséquences peuvent paralyser les services publics et éroder la confiance des citoyens.
Appuyé par le retour d’expérience du DSI de l’Agglomération du Grand Belfort, nous mettons également en lumière des stratégies proactives pour renforcer la cybersécurité des collectivités. Parmi celles-ci, l’adoption d’une approche globale de la sécurité, qui implique tous les agents de la collectivité, et le déploiement d’architectures de sécurité multicouches sont présentés comme des éléments majeurs. Dans un contexte géopolitique complexe, la question de la souveraineté numérique et le choix de solutions françaises ou européennes sont également abordés.
Enfin, vous découvrirez l’intérêt des solutions de sécurité applicative (WAF/WAAP) à travers le retour d’expérience concret de l’Agglomération du Grand Belfort. Ce témoignage démontre comment ces solutions peuvent améliorer la protection, les performances et la gestion des applications web des collectivités, et souligne l’importance d’anticiper les menaces, de s’entourer de solutions et de partenaires compétents pour construire une véritable résilience numérique au sein des collectivités territoriales.
Les collectivités territoriales françaises (communes, départements, régions, agglomérations) sont aujourd’hui au cœur d’une véritable tempête numérique. La digitalisation accélérée des services publics et l’interconnexion croissante des systèmes d’information ont considérablement élargi la surface d’attaque exposée aux cybercriminels. En 2024, les structures publiques locales ont fait face à une vague d’incidents d’une grande ampleur, mettant directement en péril des services essentiels à la population et compromettant les données personnelles de millions de citoyens.
Face à ce constat alarmant, les directions des systèmes d’information (DSI) du secteur public doivent repenser intégralement leur posture défensive. Il ne suffit plus de mettre en place de simples pare-feux réseaux. Si la première étape logique consiste à tester la sécurité de son site web institutionnel, cette démarche d’audit doit obligatoirement s’inscrire dans une stratégie de protection dynamique, continue et souveraine. Cet article détaille les méthodes et les solutions technologiques permettant aux collectivités territoriales de sécuriser leurs infrastructures numériques face à la montée des menaces.
Le panorama des cybermenaces visant le secteur public
Les statistiques récentes démontrent que le secteur public est devenu une cible de choix, souvent perçu par les attaquants comme vulnérable en raison de ressources budgétaires ou humaines parfois limitées. Selon une étude de Cybermalveillance.gouv.fr, les cyberattaques touchent désormais une collectivité sur dix. L’année 2024 a d’ailleurs été marquée par un nombre record d’incidents, avec 218 attaques majeures recensées nécessitant l’intervention directe des équipes de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).
Parmi les vecteurs d’infection, le phishing (ou hameçonnage) demeure le mode d’attaque principal, représentant 46% des incidents initiaux. Une fois le réseau compromis, les conséquences opérationnelles s’avèrent désastreuses pour la gestion du territoire. L’étude révèle que ces intrusions entraînent une interruption totale des services dans 40% des cas, empêchant les mairies de délivrer des actes d’état civil, de gérer l’urbanisme ou d’assurer le fonctionnement des cantines scolaires. Pire encore, la destruction pure et simple des données est observée dans 20% des cyberattaques réussies.
Face à ce péril, la dimension humaine joue un rôle fondamental. Bien qu’une disparité de sensibilisation soit observée (70% de prise de conscience dans les grandes agglomérations contre seulement 37% dans les petites communes), les efforts de formation s’intensifient : 78% des agents territoriaux et des élus ont été formés aux risques cyber au cours de l’année écoulée.
Le point de départ incontournable : tester la sécurité de son site web
Pour bâtir une forteresse numérique, il faut d’abord en connaître les brèches. La démarche initiale pour toute collectivité consiste à auditer ses propres vulnérabilités. Prendre l’initiative de tester la sécurité de son site web et de ses portails citoyens est une obligation d’hygiène informatique de base.
Plusieurs méthodologies complémentaires permettent de tester la sécurité de son site web avec rigueur. Les audits de code source (SAST) et les analyses dynamiques (DAST) repèrent les défauts de programmation lors du cycle de développement. Les scanners de vulnérabilités automatisés balaient l’infrastructure à la recherche de failles connues ou de mauvaises configurations. Enfin, les tests d’intrusion (pentests), réalisés par des experts éthiques, simulent des attaques réelles pour éprouver concrètement la solidité des défenses. Pour structurer cette approche d’évaluation au sein de votre administration, nous vous invitons à consulter notre guide technique détaillé : Tester la vulnérabilité de mon site si je suis dans le top 10 des sites web : étapes et outils.
Cependant, il est essentiel que les DSI des collectivités comprennent les limites structurelles de ces vérifications. Tester la sécurité de son site web lors d’un audit annuel n’offre qu’une vision figée, à un instant T,. Les portails des mairies évoluent régulièrement (mises à jour de modules, nouveaux formulaires de démarches en ligne), tout comme les tactiques inventives des attaquants. Entre deux audits, une nouvelle faille critique (Zero-Day) peut émerger et être exploitée. C’est pourquoi la pratique consistant à tester la sécurité de son site web doit impérativement s’adosser à une solution de protection en temps réel, capable d’assurer la sécurité entre les cycles d’évaluation.
L’évolution défensive : l’apport du WAAP comportemental
Face à des menaces industrielles automatisées par des robots (bots), le Pare-feu d’Application Web (WAF) traditionnel, qui se contente d’appliquer des règles de filtrage statiques, montre ses limites. Les collectivités doivent désormais se tourner vers la nouvelle génération de protection : le WAAP (Web Application and API Protection).
Le WAAP intègre une intelligence artificielle comportementale qui modélise la navigation normale des usagers. En cas d’anomalie, comme une tentative d’injection SQL sur un formulaire de contact ou l’exploitation d’une faille XSS, le système bloque la menace de manière autonome. Mieux encore, lorsqu’un scanner de vulnérabilités met en évidence un défaut dans le code de l’application, le WAAP permet d’appliquer un “Virtual Patching” (correctif virtuel) à la périphérie du réseau. Ce mécanisme d’urgence bloque toute tentative d’exploitation de la vulnérabilité, offrant ainsi un gain de temps aux équipes de la collectivité pour appliquer les correctifs définitifs au code source, sans avoir à interrompre le service public.
De nombreuses administrations françaises ont déjà franchi ce cap technologique. À titre d’exemple, la mise en place d’une approche transverse et d’une architecture multi-niveaux intégrant un WAAP a permis à l’Agglomération du Grand Belfort d’obtenir des gains significatifs en termes de protection, de performance et de simplicité de gestion pour ses services numériques. Découvrez leur témoignage complet via notre article : Entretien – Cybersécurité des collectivités territoriales : protéger les services publics avec un WAF adapté. De la même manière, la sécurisation des sites institutionnels est une priorité absolue, comme l’illustre la démarche de la Mairie de Chelles, à retrouver ici : Le WAF OGO Security pour renforcer la sécurité Web de la Ville de Chelles.
Souveraineté numérique et recommandations de l’ANSSI
Pour le secteur public, le choix de la technologie de cybersécurité revêt une dimension éminemment géopolitique et réglementaire. Confier la protection des données de l’état civil, des informations fiscales locales ou des registres sociaux à des entreprises extra-européennes expose la collectivité à des risques d’ingérence, notamment en raison de législations telles que le Cloud Act américain.
La souveraineté numérique n’est donc pas une simple option, mais une exigence pour préserver la confiance des citoyens. Cette nécessité est d’ailleurs fortement appuyée par les directives de l’ANSSI et par l’entrée en vigueur de la directive européenne NIS 2, qui impose aux entités essentielles et importantes (dont de nombreuses structures publiques) des standards de résilience extrêmement stricts, incluant la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement numérique.
Opter pour un WAAP cent pour cent français et souverain garantit que l’ensemble des journaux d’événements (logs), des configurations de sécurité et des données de trafic restent confinés sur le territoire européen, en parfaite conformité avec le RGPD. Pour comprendre comment ces directives nationales s’articulent avec vos choix d’infrastructures, lisez notre analyse spécialisée : L’ANSSI et la souveraineté numérique des collectivités : Le WAAP souverain, une réponse alignée sur les objectifs nationaux.
Maîtriser les budgets tout en garantissant la disponibilité des services (CDN)
Un autre défi de taille pour les DSI du secteur public réside dans l’équation financière. Les collectivités doivent faire plus avec des budgets souvent sous tension. L’adoption d’un WAAP en mode SaaS (Software as a Service) est une réponse pertinente, car elle permet d’externaliser la complexité de l’administration quotidienne et d’alléger la charge mentale des équipes internes.
En outre, la cybersécurité ne doit jamais se faire au détriment de l’accessibilité. Les portails citoyens doivent rester disponibles 24h/24 et 7j/7, même lorsqu’ils sont pris pour cible par des attaques par déni de service distribué (DDoS volumétriques) visant à saturer la bande passante de la mairie. C’est ici que l’intégration native d’un Réseau de Diffusion de Contenu (CDN) mondial prend tout son sens. Un CDN robuste, tel que celui opéré en partenariat avec Orange Wholesale, permet d’absorber des attaques DDoS colossales (allant jusqu’à 60 Gbps) directement à la périphérie d’Internet, loin des serveurs d’origine de la collectivité. Parallèlement, le système de cache du CDN réduit la latence moyenne d’affichage des pages de près de 42%, offrant une navigation fluide aux administrés.
Cette combinaison technologique représente un investissement optimisé, car elle consolide l’infrastructure tout en évitant les surcoûts liés à des interruptions de service dévastatrices. Pour approfondir la gestion de ces investissements stratégiques, parcourez notre dossier : Maîtriser les coûts de la cybersécurité : Le WAAP souverain et le CDN international, des investissements à forte valeur ajoutée pour les collectivités.
Les collectivités territoriales ne peuvent plus se contenter de mesures défensives passives face à la professionnalisation du cybercrime. Si prendre le soin de tester la sécurité de son site web institutionnel de façon régulière reste la base d’une politique de sécurité saine, l’évolution vers une ligne de défense dynamique et autonome est vitale. Le déploiement d’un WAAP dynamisé par l’intelligence artificielle comportementale, couplé à la robustesse d’un CDN souverain, offre aux mairies, départements et régions la capacité d’anticiper les menaces polymorphes. C’est en faisant le choix de l’indépendance technologique européenne et de l’innovation que le secteur public garantira la continuité de ses services dématérialisés, préservant ainsi le lien de confiance inébranlable qui l’unit à ses citoyens.
Glossaire :
Souveraineté numérique : Concept qui désigne la capacité d’une entité (État, organisation, etc.) à contrôler ses données, ses technologies et son espace numérique. Dans le contexte des collectivités territoriales, cela se traduit par la volonté de privilégier des solutions informatiques françaises ou européennes pour limiter la dépendance à des acteurs étrangers et garantir la protection des données.
Approche transverse : Méthode qui consiste à intégrer la cybersécurité à tous les niveaux d’une organisation. Pour les collectivités territoriales, cela signifie que la sécurité n’est pas la responsabilité d’un service isolé, mais qu’elle concerne l’ensemble des agents, qui doivent être sensibilisés et formés aux bonnes pratiques.
WAF/WAAP : Acronymes désignant des solutions de sécurité applicative
- WAF (Web Application Firewall) : Pare-feu qui protège les applications web en filtrant et en analysant le trafic HTTP/HTTPS.
- WAAP (Web Application and API Protection) : Terme plus récent qui englobe les fonctionnalités du WAF en y ajoutant des fonctions de protection des API (interfaces de programmation applicative).




