À l’occasion du Cybermois 2026, OGO Security et Tenexa ont uni leurs expertises lors d’un webinaire dédié aux nouveaux défis de la sécurité web. Face à la prolifération d’attaques automatisées mimant les comportements humains, à l’explosion de l’exfiltration de données et à l’obsolescence des pare-feu applicatifs traditionnels, les directions des systèmes d’information (DSI) et les responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) doivent faire évoluer leurs défenses.
Animée par Anthony Boutequoy et Benoît Besnard (Tenexa), aux côtés de Manuel Miranda et Arnaud Carrer (OGO Security), cette session a mis en lumière une transformation nécessaire : le passage d’une logique rigide de signatures à une approche comportementale, contextuelle et managée.
Un web devenu majoritairement automatisé et hostile
Le constat introductif marque un tournant pour l’écosystème numérique mondial. Pour la première fois, le trafic généré par des machines dépasse celui des humains.
“Selon le Badbot Report 2025 de Thales, 51% du trafic web mondial est désormais automatisé. C’est la première fois de l’histoire que les robots dépassent les humains, et tous ces robots ne sont pas bienveillants : 37% du trafic internet provient de bots malveillants.” – Manuel Miranda, Account Executive chez OGO Security
Les attaquants exploitent l’intelligence artificielle (IA) générative pour créer des agents capables de contourner les mécanismes de vérification classiques : imitation fluide des mouvements de souris, navigation aléatoire, utilisation d’environnements sans tête (headless browsers) et passage par des réseaux de proxys résidentiels.
Les API représentent la cible prioritaire de cette automatisation. En concentrant 44% du trafic des bots sophistiqués, elles constituent une voie d’accès directe au cœur logique et aux bases de données des entreprises. Cette menace se traduit directement sur le terrain opérationnel par une hausse des fuites de données.
“En 2025, on a eu 196 incidents d’exfiltration de données référencés au sein de l’ANSSI, soit plus de 51% par rapport à 2024. En 2026, le rythme est particulièrement chargé et l’on s’approche probablement des 500 incidents.” – Anthony Boutequoy, Account Executive chez Tenexa
Entre le vol d’identifiants (credential stuffing), le pillage de catalogues (scraping), les dénis de service applicatifs (DDoS de niveau 7) et les vulnérabilités subites sur les briques d’infrastructure (telles que PHP ou Node.js), les systèmes de défense doivent réagir sans dégrader la disponibilité.
La fin du modèle par signatures et la rupture technologique du WAAP
Historiquement, la protection web reposait sur des WAF (Web Application Firewalls) configurés avec des listes de règles statiques et des expressions régulières. Ces mécanismes se heurtent aujourd’hui à deux principales limites : l’incapacité à anticiper les charges inconnues et un taux élevé de faux positifs qui pousse souvent les équipes techniques à désactiver la protection en période d’incident.
“Les systèmes de signature ne fonctionnent plus. C’est comme si on demandait à des attaquants ou à des IA de signer leur forfait. On n’arrive pas à accumuler suffisamment de signatures pour avoir une protection raisonnable, donc on est toujours en retard par rapport aux scénarios d’attaque.” – Arnaud Carrer, CTO d’OGO Security
Pour répondre à cette impasse, OGO Security a développé un WAAP (Web Application and API Protection) fondé sur l’analyse comportementale et le machine learning. La solution structure son moteur d’analyse autour de trois composantes complémentaires, fonctionnant comme les lobes d’un cerveau :
- Le lobe réflexe : traite les requêtes unitaires pour contrer les anomalies évidentes.
- Le lobe d’empathie : évalue la sincérité et la vraisemblance de l’interaction humaine.
- Le lobe de navigation : analyse la cohérence de la session dans la durée vis-à-vis des parcours attendus par l’application.
Plutôt que d’interrompre brutalement un flux à la moindre règle percutée, le système attribue un score de risque à la session. Cela permet de graduer la réponse : simple surveillance, challenge technique transparent pour le navigateur (remplaçant les captchas intrusifs), limitation de débit, blocage ou bannissement ciblé.
Cette architecture s’intègre en amont avec un réseau de diffusion de contenu (CDN) opéré en partenariat avec Orange Wholesale, garantissant l’absorption des attaques volumétriques tout en maintenant une latence ajoutée inférieure à 5 millisecondes.
L’infogérance et le SOC : transformer la technologie en réalité opérationnelle
L’intégration d’un outil de protection requiert une gouvernance rigoureuse pour s’aligner sur les impératifs des équipes métiers et d’infrastructure. C’est sur ce volet que Tenexa déploie son accompagnement en mode Build et Run.
Dans les environnements d’exploitation, l’un des fléaux récurrents des équipes de sécurité reste la “fatigue d’alerte”, générée par des alarmes incessantes et non qualifiées.
“Nous étions auparavant sous des alertes quasi constantes et des blocages sans arrêt avec les anciens WAF, ce qui était épuisant pour les analystes. Le passage sur OGO a éliminé 90% des faux positifs à l’Edge. Sur le temps de traitement des incidents, nous sommes passés d’une heure à dix minutes par alerte grâce à la contextualisation et au mini-SIEM intégré.” – Benoît Besnard, SOC Manager chez Tenexa
L’accompagnement mis en place par Tenexa s’articule autour d’une méthodologie précise :
- Cadrage technique et prérequis : cartographie des flux et définition du périmètre (préproduction, intégration, production).
- Déploiement initial : configuration des accès, intégration aux SIEM clients et sécurisation des certificats (15 à 20 minutes par application).
- Période d’observation : phase de télémétrie passive sans blocage, permettant d’étudier les comportements réels et de révéler d’éventuelles faiblesses techniques sur les serveurs d’origine.
- Recette et bascule progressive : activation encadrée du mode de blocage.
- Supervision continue 24/7 : maintien en condition de sécurité, ajustements géographiques et application de correctifs virtuels (virtual patching) en temps réel lors de la découverte de failles zero-day.
Retours d’expérience : Cas Nibelis et enjeux de souveraineté
La mise en œuvre concrète de cette alliance technologique et humaine a été illustrée à travers le cas de Nibelis, éditeur français de solutions SIRH en mode SaaS. Traitant des données RH hautement sensibles pour des milliers d’entreprises, Nibelis faisait face à des flux applicatifs denses et cycliques, marqués par de fortes variations lors de la clôture des paies.
Après avoir renoncé aux WAF traditionnels en raison de leur complexité de maintenance et des risques de blocage d’utilisateurs légitimes, Nibelis a déployé la solution OGO sous l’égide des équipes de Tenexa. Le déploiement complet n’a nécessité que trois sessions d’une heure.
Sur une période d’analyse de 30 jours, les résultats illustrent l’efficacité de la solution :
- 642 millions de requêtes analysées
- 800 000 requêtes de bots identifiées
- 121 000 requêtes malveillantes bloquées sans impact sur la production
Au-delà de la sécurité brute, la précision des métriques d’OGO a permis aux équipes de développement de Nibelis d’identifier des requêtes lentes côté serveur et d’optimiser l’architecture applicative. Lors de la découverte récente d’une vulnérabilité critique sur PHP, un correctif virtuel déployé dans l’heure par OGO a protégé l’ensemble des environnements sans attendre la publication d’un patch éditeur.
L’aspect réglementaire constitue le dernier pilier essentiel pour les organisations. Face aux exigences des directives européennes (NIS 2, DORA, RGPD), la question de l’extraterritorialité du droit est devenue centrale. En tant qu’acteur européen retenu dans le Gartner Market Guide Cloud WAAP 2026, OGO Security assure un traitement de données hébergé en France chez des partenaires certifiés SecNumCloud (Outscale) et HDS (OVH), garantissant l’étanchéité des logs face au Cloud Act américain. De son côté, Tenexa s’inscrit dans cette démarche avec des certifications ISO 27001, HDS et un parcours de qualification SecNumCloud pour ses services managés.
Face aux nouveaux vecteurs de risques – qu’il s’agisse des protocoles émergents de l’écosystème IA comme MCP (Model Context Protocol) ou de l’injection de prompts – la sécurité applicative ne peut plus être considérée comme un ensemble statique de règles. Elle s’impose désormais comme un processus dynamique, combinant intelligence comportementale en temps réel et accompagnement opérationnel continu.
Si vous souhaitez en savoir plus, contactez nos équipes pour réaliser un POC et évaluer les risques subis par votre site.





